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LES VACANCES DE MURIEL B.

Les vacances de Muriel B. semblent être la monotone répétition de la  même  journée .  Les  jours  s'étirent jusqu'à se confondre et ne plus faire qu 'un.  Les micros  événements de la vie quotidienne se succèdent ,  des  presque  riens  portés  par  le  fil interminable de l'horizon. 

L'espace, comme le temps, a perdu ses repères, déborde du cadre et    se   répand    à   l'infini   jusqu '  aux    galaxies    insondables .

Les  objets mis  en scènes par Muriel Bordier seraient comme des petits  souffles  d'étoiles mortes dont la lumière nous parviendrait  encore faiblement d'un monde lointain, mais ils ne brillent que par l'absence  d'un Godot que personne ne semble attendre cette fois-ci.

Sinistre ?!... désespérant ?!!!...

 

Au fil des images,  Muriel Bordier enfonce le clou et se tape sur les doigts.  La  première fois on a mal pour elle. Puis elle recommence encore et encore... Là on se dit qu'elle le fait exprès, qu'elle joue un rôle  et que son petit théâtre où elle rabâche  le silence n'est qu'un simulacre , une  comédie.  On finit  par en rire. Mais le rire lui aussi est  un peu  faux car  le marteau a  beau être en pâte à modeler, la douleur  suggérée est  lancinante,  et  l'on  vient  à  espérer  qu' un prince charmant vienne réveiller cette ménagère au bois dormant, l'aider à ramasser son linge, et à assaisonner son plat de nouilles, enfin !

 

Emmanuel Reuzé, août 2003